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    La saga d'mes lunettes...

    V'la l'histoire : Il y a une vingtaine d'années, lisant beaucoup, mes yeux fatigaient, et j'ai du me faire faire des lunettes pour lire.

    Bizarrement, au fil des jours et sans y penser, je me suis aperçue que je les utilisais de moins en moins, avant que ce ne soit, plus du tout : Bizarre, vous avez dis bizarre ? V'oui !

    Et puis, il y a cinq ans le temps de l’ordinateur venu j'ai revu mon ophtalmo, (une dame), qui au long de l'examen concernant la lecture, semblait de plus en plus perplexe, et moi un rien mal à l'aise devant une évidence incroyable. Bref, au moment du diagnostic, elle me regarde en souriant et me dis :

    --- Vous n'avez rien remarqué depuis quelques temps ?

    --- Heu... si, répondis-je, mais...

    --- Et bien, vous êtes le cas rarissime de ma carrière, vous avez retrouvé la vue de vos 20 ans: C'est une inversion totale !

     

    Bref, je suis ressortie de chez-elle en me disant que j'allais désormais attendre de mon dentiste qu'il m'annonce une troisième poussée de dents vierges de toutes chicaneries !

    Pour autant, depuis un an, je me suis aperçue que je voyais moins bien de loin et que je n'arrivais plus à compter les pétales de marguerites à 30 mètres.... Heu ? Il me fallait donc des verres pour voir de loin et surtout conduire : Donc acte, mais au lieu de retourner chez ma première ophtalmo sise à Mulhouse, au sein des tramways, des vélib, des bus, des sens uniques, des interdits, des parking toujours plein etc,...j'ai pris rendez-vous avec un praticien à moins de cinq km de chez-moi, chez qui j'avais il y a des années conduite ma maman : Misère et poil à gratter, mais pourquoi cette idée saugrenue ? D'abord, il a changé d'adresse, l'attente est longue et lui le spectre de ce qu'il était !

     

    Pour commencer, à la place de la blouse banche dont je me souvenais, il portait un jeans douteux flottant sur ses fesse squelettiques, des baskets dont il n'avait pas enfilé les talons, des cheveux hirsutes, une barbe semblable à un paillasson avec de la poussière dessus, et un air aussi revêche qu'égaré !

    Bon je m'assied, mets mon menton dans la soucoupe et fais tout ce qu'il me hurle comme un possédé, je m'énerve et lui dis de se calmer, il me répond :

    --- D'abord, pourquoi des lunettes pour vous balader ? Vous attendez encore deux ou trois ans et comme vous aurez surement de la cataracte à ce moment là, vous vous ferez opérer !

    --- ???, mais j'veux des lunettes maintenant, insistais-je, crâchant des clous !

    Il haussa les épaules, me fit une ordonnance et me jeta quasiment hors de son cabinet après que je lui ai dis qu'il était grand temps pour lui de prendre sa retraite, parce-que soit il perdait la tête, soit il était ivre ?: Il était saoul et c'était devenu son état permanent depuis que son épouse l'avais quitté, (cela je ne le su que plus tard et bien après que sa secrétaire m'aie dit qu'il allait être à la retraite dans quelques mois).

     

    L'opticienne trouva étrange qu'il y ai une différence du simple au double d'un œil à l'autre, mais charmante, me précisa que je pourrais revenir et qu'elle se chargerais, (ayant un accord d'un mois après la vente  avec son fournisseur de verres,) d'éventuelles modifications, ajoutant que c'était venant de ce spécialiste, monnaie courante.

    Voilà, voilà, voilà, j'y suis retournée au bout de trois jours car mon œil droit me tiraillais dans tous les sens, alors que je n'avais fais que de brèves tentatives et assise. Nous avons refait un examen de la vue dans sa jolie boutique : La différence trouvée avec mon oeil gauche est en réalité de 2,7 (donc minime) c'est à dire un 2,5 à la place du 5,2 de l'ordonnance...

    je "réattends" mes lunettes, que je n'ai d'ailleurs pas l'intention de porter souvent, quoique les montures sur lesquelles j'ai eu une remise de 30%, (en cause le mois des soldes,) est très jolie !

    De près, je lis toujours les notices de remèdes sans lunettes ni difficulté.

     

    A demain mes ami(es). Merci de votre fidélité et n'oubliez pas "Et Op, un p'tit com pour Nettoue".

     

    (publié le 18 juillet, dans "Vous dire".

     

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  • Un vieux banc de pierreJoséphina vit seule depuis que Léon, mal remis de la "sale guerre" où il prit une bouffée de gaz s'en est allé.

    L'armistice avait arrêté le massacre, aussi meurtrier qu'inutile comme ils le sont tous et Léon, en était revenu...

    Il avait bien essayé de remettre sa vie d'avant en marche, mais devant le feu qui lui rongeait les poumons et en dépit de son courage il y renonça tout à fait, un de ces soirs de printemps où la nature souriait de mille parfums!

     

    Il était assis sur le vieux banc de pierres usées, arrondis aux angles à force d'y soutenir les fatigues des durs journées passées aux champs, par plusieurs générations de Léon, Alfred, Armand...

    Quand à la fin du jour, étonnée de ne pas le voir à 'heure de la soupe Joséphina, s'était approchée de lui, le cœur étreint par ce qu'elle redoutait depuis des jours et avant de s’effondrer en larmes elle vit une chose surprenante : Un gros merle au plumage si noir qu'il s'en échappait des reflets bleutés, immobile à quelques centimètres de Léon, un peu comme s'il n'avait pas voulu le laisser seul jusqu'à l'arrivée de quelqu'un !

     

    Enfermée dans son chagrin Joséphina, n'y prêta guère attention par la suite... Et puis, elle Un vieux banc de pierres'aperçut que l'oiseau venait chaque soir se poser à l'endroit ou s’endormit le poilu de la "Grande guerre". Alors, elle prit l'habitude de venir lui apporter des noix écrasées et diverses friandises et bientôt de s'asseoir à coté de lui le temps de son repas.

    La première fois où elle ne le vit pas, elle eut de la peine, y pensa le jour et y retourna chaque fin d'après-midi, et cela pendant plusieurs jours... Et puis, un soir pas comme les autres, un de ceux où la nature se fait silence parfumé pendant que le soleil filtre, tiède et apaisant à travers les charmilles de la cour, elle vit ça et là quelques brins de paille, de mousses séchée et même de petits lambeaux de tissus, étrangement accrochés aux grands buissons d'aubépine, à quelques mètres à peine du vieux banc de pierre polie par les ans.

     

    Elle s'en approcha à petits pas précautionneux et ravie découvrit bien caché entre les branches épineuses, un énorme nid où une ravissante merlette grise, couvait consciencieusement et apparemment sans crainte au fond de son œil rond.

    Vite, Joséphina, retourna dans l'appentis se munir de noix et de maïs qu'elle écrasa et les posa sur le banc dans une jatte de bois.

    Elle se retrouva alors, un peu heureuse, bien sur Léon, lui manquera toujours, mais elle avait une famille à présent et sa joie redoubla lorsqu'elle vit le beau merle aux plumes luisante venir se servir et s'en aller nourrir son épouse !

    Alors, comme une bonne aïeule préparant une layette, elle accrocha un petit abreuvoir au milieu des églantines et continua à poser la nourriture là où, elle en était sur, Léon, avait parlé au merle qu'elle avait baptisé "Aimé", le dernier jour de sa vie terrestre.

     

    Les petits quittèrent leur nid, comme le font tous les enfants lorsqu'ils se croient des grands, mais Aimé revint longtemps se poser en fin de journée sur le vieux banc de pierre usée...

     

    A demain mes ami(es). Merci de votre fidélité et n'oubliez pas "Et Op, un p'tit com pour Nettoue"

     

    (réédité le 4 juillet dans "Vous dire")

     

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  • Les adieux de Marius !!!!

     

     

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  • La putain indienne (par Nettoue)Sarabeth appartenait à cette catégorie de femmes dont en 1850, on ne parlait qu'avec mépris, un objet utile, pas cher, à laisser ensuite de coté, avec la plus parfaite indifférence, jusqu'à une prochaine fois : Pas par vraie méchanceté certes, mais parce-qu'on ne l'estimait n'être l'égal de personne....

    La vie au camps des chercheurs d'or de Californie, n'était pas facile tous les jours, mais elle n'était pas non plus un calvaire et ceux qui le peuplaient avec parfois femmes et enfants, dans une espèce de petit village créé de leurs mains avaient fait ce choix !

    Les récoltes étaient souvent aléatoires mais la banque de Progress, la ville proche était correcte et achetait l'or au prix du marché et parce-que les besoins de chacun ne se vivaient pas dans l'espoir de la trouvaille exceptionnelle, l'on était raisonnable et subsistait plutôt bien !

    Naturellement, aucune des épouses de chercheurs ne s'approchaient de la modeste cabane de Sarabeth, posée au sein du campement des célibataires : De ce fait, elle ne parlait jamais ou presque à quelqu'un de son sexe et de toutes façons, ce n'était pas des paroles que l'on attendait d'elle !

    Parfois un blessé venait se faire soignr chez-elle car elle connaissait les plantes et les incantations ancestrales de son peuple : certains lui amenaient même un enfant dont la toux n'en finissait pas, mais en cachette pour ne pas subir le courroux de son épouse.

     

    Comme l'on se montrait  sot à cette époque, et comme les femmes pouvaient déjà clabauder lorsqu'elles se réunissaient autour d'un pot de café épais comme la boue de la rivière !

    Elle était si seule Sarabeth, si méprisée, il était même arrivée qu'une méchante matrone laide comme un pou, lui jeta des pierres donnant ainsi l'exemple aux enfants, alors que la jeune indienne ne faisait que ce qu'on l'avait incité à faire lors de son arrivée un soir d'hiver, en oubliant  tout le bien qu'elle faisait avec ses talents de guérisseuse !

     

    Cela dura jusqu'au jour où l'on s'aperçut qu'elle attendait un enfant, un bébé dont seuls les chercheurs d'or pouvaient être le père !

    Ils n'en parlèrent d'abord jamais entre-eux, tout en y pensant séparément quand une vague d'émotion venait tout à coup les titiller au niveau du coeur, eux qui habituellement n'en éprouvaient  pour elle qu'à un tout autre endroit...

    Et bientôt, la question de savoir qui en était le géniteur fut dans toutes les pensées des hommes l'ayant fréquenté : Ce fut alors que par une sorte de respect qui cachait son nom, ils évitèrent d'aller la voir posant seulement quelques provisions devant sa cabane afin de lui éviter la longue marche jusqu'au village.

    Ils finirent par en parler pourtant, chacun avec cette question tremblante au bord des lèvres : "Et si c'était le mien?".

     

    Sarabeth, accoucha seule une nuit d'orage où personne n'entendit ses cris de douleur : Cela aurait-il changé quelque chose chez ces dames élevées dans le puritanisme hypocrite et incommode faisant alors,  loi ? Il suffit pourtant, parfois de si peu pour éveiller les coeurs !

    le tonnère tomba non loin de là et ce fut Jérémiah et son frère Billy, qui en venant constater les dégâts entendirent les vagissements du nouveau-né.

    La gorge sèche, ils poussèrent la porte du si modeste logis au sol bien balayé et virent, hébété, la petite Sarabeth pâle comme un suaire et visiblement sans vie, tant le sang qui s'était écoulé de son ventre avait tâché sa couche, avec  contre elle, un minuscule paquet enveloppé dans un grand châle....

     

    La honte les summergea, des larmes coulèrent sur leur visage tandis qu'ils appelaient les femmes qui une fois sur place, se signèrent la tête basse, la conscience rongée par le remord.

    L'une d'elle chassa les hommes venus avec elles, tous sauf Jérémiah et billy qui prirent à tour de rôle et avec d'infinies précautions le petit enfant dans les bras. Ils se postèrent ensuite devant la porte jusqu'à se que la toilette de la petite défunte , fut terminée : Quelques instants plus tard, ils virent  leurs camarades amener une ânesse aux mamelles gonflées suivis d'une file de personnes les bras chargés de tout ce qui pouvait être utile à une minuscule fillette aux cheveux et à la peau sombre qui, lorsqu'elle ouvrit les paupières dévoila d'immenses yeux clairs ! Alors, seulement  ils laissèrent échapper de rauques et lourds sanglots.

     

    Les femmes voulurent se charger d'elles, ils refusèrent, car en un instant ce petit miracle de vie était devenu leur, d’instinct ils surent ce qu'il fallait pour elle et décidèrent de ne la laisser aux épouses que lorsqu'eux-même seraient retenu à la rivière pour tamiser le sable...

    Comme par magie, les récoltes furent bonne cette années là, les cabanes s'ouvrirent, et l'on planta des fleurs autour, sans jamais oublier où reposait Sarabeth :  Et telle une  offrande ou un acte d'amour,   l'on donna à la petite fille aux yeux clairs ,  le même  prénom que celui  de sa mère !

     

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  • Les amis d'Amédé, (par Nettoue).Il ne s'ennuyait pas avec les humeurs du ciel à contempler, les vents tantôt brises, tantôt rafales, les forêts foisonnantes ou dénudées, riches souvent de teintes éblouissantes, les terres maraîchères, ce pourquoi il existait... Seulement il faisait peur, malgré lui et son cœur en saignait !

     

    Certes, c'était son travail, puisqu'on l'avait conçu ainsi et que sans cela il n'aurait pas pris vie, mais cela le faisait solitaire et parfois même, en le voyant, les enfants effrayés se sauvaient en courant, d'autres lui jetaient des pierres....

    Jusqu'ici, ses seuls amis étaient,  enfin si l'on peut appeler ainsi le vol régulier de beaux corbeaux aux reflets violets planant au dessus de son vieux chapeau cabossé ? Il aurait aime un beau haut de forme, comme les gentleman et une jaquette queue de pie, il aurait aimé sourire au bruit de leurs ailes, leur dire qu'il n'était pas méchant et qu'un brin de causette faite d'échos venus d'ailleurs l'aurait rendu heureux...

     

    Ceux qui l'avait planté là n'appréciaient ces oiseaux que lorsqu'ils souhaitaient la pluie car assuraient-ils, leur venue en était les prémices, Amédée savait que ce n'était pas toujours le cas, car sinon, comment leurs belles plumes luisantes auraient-elles eu d'aussi beau reflets violets sous les rayons du soleil ?

     

    Amédée, l'épouvantail avait bien remarqué que l'un d'eux, vraisemblablement centenaire ne volait qu'entouré, que tous prenait soin de lui en lui ouvrant le ciel : Etait-il devenu aveugle à force d'avoir emmagasiné autant d'images sous ses paupières remontantes fanées ? Il volait bien encore, mais agitait moins ses ailes se permettant ainsi des brefs instants de repos avec Les amis d'Amédé, (par Nettoue).les vents compatissants pour les lui soutenir.

     

    Et puis, il y eu ce jour, où une averse de grêle le sépara des autres et où perdant de la hauteur il heurta Amédée de plein fouet et resta accroché à son cou presque assommé !

    Lorsqu'il fut remis du choc et les autres revenus, Amédée le cœur content d'avoir pu le protéger sous le rebord de son affreux chapeau de paille, ne regretta plus le haut de forme de ses rêves et permit aux corbeaux aux plumes à reflets violet, de venir picorer les graines de radis fraîchement semées, certain que le fermier mettrait le saccage sur le compte de la terrible averse...

    l'épouvantail et les oiseaux devinrent amis et cela dura jusqu'à un hiver très froid ou Amédée grelottant osa demander une veste plus chaude... Mal lui en prit, car de mauvaise humeur parce-que ses choux de brucelles venaient mal, son patron décida de le punir de son arrogance en le brûlant, lui qui avait subi de si nombreuses intempéries, pour le remplacer par un autre, plus jeune et fringuant, dès le printemps venu !

     

    Quand ses amis l'apprirent ils décidèrent de tout faire pour l'en empêcher et le jour où surveillant la cour de la ferme ils virent un rassemblement d'enfants mêlé à quelques curieux, ils se mirent à voleter autour du pauvre condamné afin qu'on ne l'approcha pas. Furieux, le maraîcher alla chercher son fusil ... Alors Amédée, supplia ses amis de fuir au plus vite car déjà l'arme se pointait sur eux.

    Les beaux corbeaux aux aîles violettes durent obéir,en pleurant.

     

    De ce jour, tous les corbeaux du monde sont noirs, car par une tacite entente, ils prirent le deuil de l'épouvantail Amédée, qui les aima et qu'ils aimèrent....

     

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