• didier-demain.jpg Elle s'appelait madame Lame, et était très âgée : A l'époque, on disait vieille, à présent l'on n'ose plus, il ne s'agit pourtant pas d'un affront !

    Avait-elle un prénom ? Emmeline peut-être, mais personne ne s'en souciait, surtout pas nous, les enfants du (13) !

     

    Nous, qui l'a voyons passer chaque jour, à pas lents, précautionneux, économisés comme pour s'en garder pour tout à l'heure, pour demain, pour après peut-être, pour, si la chose restait possible, ne dépendre de personne... un jour... ou un... autre ! 

     

    Elle descendait les escaliers en se tenant à la rampe de fer forgé, vêtue d'une de ses deux ou trois sempiternelles robes, cent fois reprisées, un million de fois lavées, posée sur des jupons dont l'ampleur effleurait le cuir de ses bottillons bien cirés.

    Son visage pâle, cireux même, porteur d'un long nez aux narines délicates et un peu pincées,dominant ses traits creusées de larmes versées,  tout au long d'une vie sans confort, était bienveillant et s’efforçait au sourire lorsque nous la croisions dans la cour commune, aux pavés usés.

     

    Je ne savais pas que je me souvenais d'elle et pourtant, aujourd'hui, au travers du voile de mes pensées de jours anciens, je la revois avec une netteté que je ne supposais pas !

     

    Je la revois, passant pour aller chez notre propriétaire, son petit bidon à la main, se chercher sa survivance du jour... Elle s'en revenait encore plus discrètement , les yeux un peu plus baissés, le dos un peu plus courbé, en pensant sans doute que c'était là la volonté de Dieu !

     

    Ombre silencieuse que je voyais sans voir, je ne savais pas que je me souviendrais de vous !

     

    En dehors du soutien de madame Baron-Duclos, de quoi vivait-elle ? Des miettes de la pension de son défunt mari ? On lui disait madame avec un grand respect, allez savoir pourquoi ? Peut-être, parce-qu'en tout, elle nous paraissait digne ! Elle avait donc eu un époux, été jeune et belle dans son regard ! Il lui avait  fais l'amour et elle avait soupiré d'aise quand il lui disait "Je t'aime" : Y pensait-elle encore, à présent, dans sa solitude si pauvre ? Au long de ce temps immuable, celui d'hier, et qui est aussi celui de demain ?

     

    Madame Lame, était très pieuse, et elle s'en allait aux offices coiffée d'un grand chapeau noir, aux ailes semblables à celles des corbeaux, dont je suis sur, nous n'avions jamais eu l'envie de nous moquer...Ce drôle de chapeau avait aussi un gros noeud agrafé sur la nuque, et jamais non plus la tentation de le dénouer nous était venue, lorsque assis derrière elle, nous écoutions sa messe !

    Et puis elle égrenait aussi son chapelet en remuant les lèvres, le chuchotis était à peine audible, sauf quand un peu d'air sifflait entre le trou noir de ses dents., après avoir posé sur ses genoux des gants tricotés à coté d'un missel à la couverture usée et sans couleur !

     

    Douce, ombre passante, noyée dans mes avants, , je ne savais pas que je me souvenais de vous !

     

    Parfois, rarement, elle demandait à l'un ou l'autre de notre joyeuse bande, d'aller lui chercher un peu de sel ou de lait, au < Docks franc-comtois >, le plus souvent c'était à Didier qu'elle s'adressait et je fus longue à comprendre pourquoi ?

    Et puis, un jour, je m'aperçus qu'il lui ramenait discrètement du bois mort, après avoir disparu dans les collines de Rosemont et de Chaudanne, et je sus :

    --- Pourquoi, lui fais-tu ses courses s'enquirent un jour  sans autre malice, nos amis, elle ne donne jamais de bonbons !

    Didier, devint alors tout rouge et répondit :

    --- A moi, elle donne un baiser...

     

    Je sais maintenant pourquoi, je me souviens si bien d'elle en ce moment. Nous approchons du  jour de Toussaint , et mon frère Didier, je ne l'oublierai jamais !

     

    A vendredi mes ami(es). merci de votre fidélité et n'oubliez pas "Et Op un p'tit com pour Nettoue".

     

    (Réedité le 30 octobre, dans "Vous dire")

     

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  •  

     Un jour, la nature dit au "Temps qui oasse"..--- As-tu remarqué , toi le "Temps qui passe", combien le monde est stupide ? Ici, l'on se fait la guerre et ce faisant, les fous anéantissent ce qui dans mon sein aurait pu leur permettre de reconstruire, une fois leur folie passée ? Là, il coupe les forêts et ce faisant détruise le poumon du monde qui tôt ou tard, devenue victime passive ne fournira plus l'oxygène nécessaire pour  que le peu qui restera, survive : L'habitât des animaux ne sera plus et après avoir eu faim ils disparaitront, la mer ne sera pas épargnée non plus , bien qu'elle ne se vide pas puisque bien malgré elle, elle se remplit de détritus et de poison et que son peuple naturel en meurt !

     

    Et l'air "Le temps qui passe", avec tout ce qui lui est infligé d'outrages, allant de simples ondes polluantes aux catastrophes nucléaires, dis-moi, si tu crois qu'il va rester, en dépit des vents qui le dispersent, respirable encore longtemps,  car les pauvres vents qui l'emporte pour un ailleurs que l'on croit sécurité sont bien obligés de finir par poser, malgré eux ce qu'ils ont envolé là ? Et pourtant comme ils tournent en ronds, ces vents indécis avant d'abandonner en pleurs les inepties dont l'ont chargés l'inconscience humaine !

     

    Dis-moi encore, "Toi le temps qui passe", se que tu pense de ces goinfres avides de profit qui croient ennoblir la terre en la gorgeant de poison chimique alors que j'y avais mis le richesse nécessaire au bonheur de vivre de chacun ?

    Alors, s'il te plait, toi qui permet que je me renouvelle chaque année et fasse revivre cette fabuleuse richesse donnée en gage d'amour, combien de ton temps vas-tu prendre pour me laisser encore le pouvoir de renaître à chaque printemps ?

    Et plus encore et bien sur si tu le sais, dis-moi je te prie, ce que j'ai bien pu oublier de poser sur cette planète, pour donner  à ses habitants l'envie de la laisser vivable à leurs enfants et aux enfants de leurs enfants jusqu'à la nuit des temps ?

     (Tableau de Botticelli)

     

    A demain mes ami(es). merci de votre fidélité t n'oubliez pas "Et Op, un p'tit com pour Nettoue".

     

    (publié le 5 septembre, dans "Vous dire")

     

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  • Michaël, il est où ton père ? (par Nettoue)Ils ne veulent pas le croire et pourtant ce sont ses copains. Ils habitent le même petit quartier résidentiel et ce sont aussi ses potes à l'école, enfin il le croyait... Depuis quelques semaines, le mot "C'était", lui trotte dans la tête et lui broie le cœur... Pourquoi, puisqu'ils s'aimaient bien, les choses ont-elles à ce point changées ? Pourquoi les affaires des parents interfèrent-elles dans leur amitié?

     Cela devient terrible vraiment lorsqu’à son propre chagrin s'ajoute le lâchage des "meilleurs amis", et en fait à cette douleur insidieuse qui le harcèle au fil des jours !

     

    Au début, il n'en avait pas fais grand cas. Papa étaie en voyage, cela lui était déjà arrivé : En tant que directeur d'une grande société informatique, de celles qui ont des points de chute dans les grandes villes d'Europe, il n'y avait là rien de surprenant...

    Seulement, cette fois ci,  Michaël fini par remarqué que contrairement à d'habitude, il n'était jamais là lors des appels téléphoniques et n'avait plus le bonheur de l'entendre dire "Comment ça va, fiston ?"

     

    Michaël a dix ans. Il est né en 1950 et bien sur à cette époque on ne disposait pas de portable, sinon il aurait appelé son père lui-même, bien qu'il soit beaucoup plus souvent en retard le soir et que ces derniers temps, il ait passé plusieurs week-end à son travail, ce qui ne lui était jamais arrivé avant.

    En y repensant, le cœur gros, le petit garçon s'était même souvenu que le soir de son dernier départ, son père avait emporté beaucoup plus de valise que d'habitude et que sa maman Jocelyne avait pleuré. il lui avait bien demandé pourquoi mais elle s'était mouché en prétextant un gros rhume.

     

    C'était un aout chaud et ensoleillé, Maxime, Jérôme, Adrien, et les autres copains étaient revenu de vacances. Pour la première fois, lui n'était pas parti, mais il ne s'en était pas inquiété, il y avait une grande piscine derrière la maison et "C'est promis", avait dis sa mère, nous partirons plus longtemps cet hiver : Alors il était parti jouer au ballon après avoir agité la main en regardant rouler la belle voiture de papa Louis, le long de la route réservée aux seuls riverains.

     

    Seulement, une semaine, puis deux s'étaient ajoutées à la première et lorsqu’il demandait la dâte du retour de papa, Jocelyne puis ses grands parents venus passer quelques jours dans leur grande maison répondaient très vite avant de parler d'autres choses :

    --- Bientôt mon chéri, tu sais, il a beaucoup de travail !Michaël, il est où ton père ? (par Nettoue)

    Un jour pourtant en ouvrant une grosse enveloppe, Jocelyne était devenue très pâle et du s'accrocher à la porte en fer forgé, avant de se redresser la sueur au font et le cœur en larmes pour rentrer à la maison.

    Et puis vint le moment où après avoir sans doute entendu leurs parents faire des réflexions plus ou moins acerbes, les copains commencèrent à le submerger de question :

    --- Dis Michaël, il est où ton père ? Pourquoi, il ne revient pas ? et ce fut alors qu'il entendit chuchoter pour la première fois le mot "divorce" !

     

    A l'époque le fait était encore mal perçu : Divorcer était quasiment un peu honteux et bien entendu la faute en était presque toujours à l'épouse, et cela d'autant plus qu'elle devenait un mauvais exemple dans une petite communauté où les femmes ne travaillaient pas et ne vivaient que du salaire de leurs conjoints. Elle devenait aussi, surtout si elle était jolie et c'était le cas, un danger pour les bien-pensantes, un peu coincées craignant une propagation !

    --- Dame, si son mari l'a quitté, c'est qu'elle le méritait ! Allez savoir si même elle ne le trompait pas, car il faut le dire nos maris la trouve jolie !

    --- Mais non, s'effrayait  Michaël, ils ne divorcent pas, d'ailleurs il va bientôt revenir...

     

    Combien de fois se  répéta-t-il cette phrase devenue un vrai leimotiv, avant qu'il ne se fasse traiter de menteur et que l'on ne vienne plus vers lui que pour rire de ses pauvres tentatives ?

    Alors, le petit garçon inventa un autre mensonge :

    --- Il est revenu, bande de naze, en ce moment il taille ses rosiers derrière la maison ! 

    A maman Jocelyne il ne demanda plus rien, car elle avait les yeux rouges en permanence et les cachait derrière des lunettes de soleil arguant d'une allergie, et portait sur son visage un air de grand malheur. malgré cela, elle était belle, si belle et sentait toujours si bon ! Elle mettait même tous les jours ses habits de petites visites... Un peu comme si elle s'attendait à vois son mari surgir tout à coup, un bouquet à la main.

     

    Vint le moment, où l'on ne crut plus du tout ca qu'affirmait Michaël, où ses amis ne vinrent presque plus le voir : Pensez, un fils de divorcés dans cette classe bourgeoise à la vue limitée, n'était guère fréquentable !

    Michaël travaillait mal à l'école, ne jouait plus dans la cour, ne voulait plus sortir... Ce fut alors qu'un jour alors qu'il rentrait son vélo en revenant de sa chic école privée et que son ancien meilleur copain l'interrogeait à nouveau :

    --- Il est où ton père ?... Qu'une voix chère, jamais oubliée, mille fois espérée, une voix qui gonfla de joie à l'en faire éclater le coeur du petit garçon, retentit comme avant :

    --- Je suis là Maxime, où veux-tu que je sois ? Puis, ignorant le petit curieux bien mortifié, la voix reprit : Maman nous attend, on se dépêche de manger et ensuite pusque demain  est un jour sans école nous irons au cinéma !

     

    Ebloui, tremblant, Michaël leva les yeux, Jocelyne était à deux pas de lui avec un beau sourire de joie répandu sur le visage. papa, avait bien l'air un peu gêné et une touche de regret se lisait au fond de ses yeux, mais il souriait aussi...Aussitôt, le petit comprit que son père était revenu, qu'il ne serait plus question qu'il divorce pour "l'autre", (ce mot là était celui que chuchotait parfois ses grands parents).

     

    A demain mes ami(es). Merci de votre fidélité et n'oubliez pas "Et Op, un p'tit com pour Nettoue"

     

    (réédité le 22 aout dans "Vous dire")

     

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  • Oh ! Mon amour

     

    Vous étiez déjà grand, moi je perdais encore mes dents.

    Nous habitions face à face, je vous regardais jouer sur la place

    Vos parents tenaient bijouterie, les miens une hostellerie !

    Je rêvais déjà de vous et quand vous veniez chez-nous,

    il vous arrivais d'ébouriffer mes boucles rousses,

    vous me considériez comme une jeune pousse,

    car avec vos huit ans de plus

    vous ignoriez me mettre le cœur à nu !

     

    Les années ont passées, au lycée vous êtes allé

    moi, je m’efforçais de grandir, espérant que votre sourire

    s'apercevrait que je changeais.

    Oh ! mon amour, à douze ans, je vous ai déjà tant désiré,

    mais pour vous, je n'étais encore qu'un bébé :

    Pourtant jolie, je l'étais n'est-ce pas, bien plus que votre amie,

    que méchamment j'appelais sa furie aux seins plats !

     

    J'ai fais l'école hôtelière,

    le restaurant familiale eu son étoile, j'en étais fière

    Vous êtes allé à HEC, cela vous a tenu éloigné,

    puis dans un ministère vous êtes entré et... vous êtes marié.

    Oh ! Mon amour j'ai tant pleuré, puisque c'est pour vous aimer

    que j'étais née

     

    Elle vous donna un fils, à mes parents vous l'avez amené

    avec les vôtres, ils étaient amis, vous m'avez embrassé,

     Dieu comme vous étiez heureux, cela se voyait dans vos yeux !

    Oh ! Mon amour, j'ai eu si mal, vous m'avez questionné,

    non je n'allais pas au bal, de petit ami je n'avais pas,

    vous veniez d'être papa !

     

    J'appris un jour que vous aviez divorcé, vous aviez trente ans,

    Votre enfant n'était pas grand, elle n'en voulait pas vraiment.

     j'étais prête à le prendre dans mes bras,

    Vous êtes revenu, je vous ai vu passer dans la rue

    Vous alliez rester, puisqu'une "Office de conseillers"

    Vous avez bien vite installée.

    C'est alors que je me suis mise à rêver de toujours,

    le jour où vous m'avez invité à sortir en toute amitié

    D'autres ont suivis, enfin vous me regardiez, me parliez,

    Nous étions devenu prôche, c'était naturel

    Oh ! Mon amour, comme je trouvais la vie belle !

     

    Votre fils avait vos cheveux blond, l'air fripon de votre enfance,

    vos yeux bleus, votre regard  heureux, le jour où il passa devant moi,

    avec sur sa frimousse un air de roi,

    sa menotte serrée dans une main de femme qui n'était pas moi...

    Oh ! Mon amour, j'aurais pu mourir de ce que votre choix de vie,

    encore une fois, ne m'ait pas sourit !

     

    A demain mes ami(es), merci de votre fidélité et n'oubliez pas "Et Op un p'tit com pour Nettoue"

     

    Nettoue : (publié le 9 aout, dans "Vous dire")

     

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  •  

    Trois mois chez Eklablog : Florilège...

     

     

     Ben v'oui, cela fait toujours plaisir de parler un peu de soi tout en se passant un peu de pommade ! Bon, cela n'est pas tout à fait justifié puisque c'est grâce à vous tous, que je peux me livrer à cette sorte d'auto-satisfaction !

    Comme beaucoup le savent j'ai quitté Over-Blog sur lequel je sévissais depuis cinq ans,avec un petit succès (modestie oblige), et mon arrivée sur ma nouvelle plate-forme ne fut pas réalisée la fleur au fusil !

     

    Tout d'abord j'avais la trouille, la pétoche, quoi... et si je n'avais pas eu Cricri pour pratiquer le renversement total, sans perdre une seule lettre, et me faire un joli blog, je serais sans doute encore à me tortiller sur mon fauteuil, au risque de devoir utiliser les célèbres suppo sus-nommés "Titanoréïde" et à me demander pourquoi OB, nous jouait un aussi sale coup ? (demander est un euphémisme, car en fait, il est évident qu'il à agi ainsi persuadé que sa transformation était dans son propre intérêt, chose pas aussi évidente que cela, car énormément d'aminautes l'ont déserté également !)

     

    Certes OB, nous offrait d'excellents services (au début du moins), mais sans les blogueurs il n'aurait rien pu faire non plus : Pour autant, je l'ai quitté avec peine et appréhension : Mes ami(es), allaient-ils me suivre, en fait ils avaient promis et je ne doutais pas d'eux, mais allaient-ils aimer ma nouvelle résidence ?

    Ils l'ont aimé et je les remercie, en fait, je suis restée exactement la même, mes articles vont dans le même sens et Eklablog, à un détail près (celui des réponses aux commentaires inexistantes), est d'un usage de plein bonheur : Simple, extrêmement rapide, complet et convivial !

     

    Voilà, voilà, voilà, et pour me faire mousser encore un peu plus, (Par saint Georges, qu'il est agréable de se jeter des fleurs), me voici à environ la moitié, souvent plus, de visites et pages lues journalières  que sur mon ancien blog, en 20 fois moins de temps, ce qui prouve (encore de la pommade), que j'ai bien raison de penser que la sympathie et l'amitié sur la toile ne sont pas forcément virtuelles !

    Dernier petit coup d'auto-satisfaction pour aujourd'hui, aux dernière statistiques du jour je me situe à : Depuis le 1er mai 2013 : Visiteurs, 12528, Pages lues, 44311...

    Merci à vous tous

     

    A demain mes ami(es). Merci de votre fidélité et n'oubliez pas "Et Op, un p'tit com pour Nettoue".

     

    (publié le 25 juillet dans 'Vous dire")

     

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