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    Dans ces temps de non savoir, à part celui du bon sens, du travail et de l'expérience issue de celle des anciens, d'extrême pauvreté aussi, certains personnages se découvraient des talent innés. Et sans jamais avoir pratiqué, s'inventaient des métiers contre tous les maux.

    Dame, le vrai médecin, celui de la ville, était un savant respecté, que dans les campagnes, des familles pouvaient rester toute une vie sans  à avoir affaire à l'un deux.
    Alors, il y avait le charlatan élégant et beau parleur, pourvus de diplômes imaginaires dont on pouvait voir l'origine sur le long tuyau de son chapeau haut de forme.
    Celui-là, vendait sans état d'âme et sans rougir des flacons d'eau prétendument miraculeuse et pour bien s'emplir les poches, en prescrivait en veux-tu en voilà.

    Fréquemment, d'ailleurs, certains sachant , que se que l'on comprenait le moins et craignait le plus, impressionnait beaucoup, totalement dépourvu de scrupule, usait et abusait- du  mysticisme.
    Ils allaient alors  jusqu'à poser sur l'endroit des douleurs des pièces de monnaies où paraissaient-il, s'engrangeaient, grâce à de mystérieux pouvoirs, les clefs de guérison, en y ajoutant parfois, moult prières et incantations. Se qui faisait que se pensant sous la protection du ciel, la crédulité de ces pauvres gens n'avait pas de limite.

    Dans les villages, quasiment ignorés de la vie citadine, les proies étaient facile et les magiciens de mauvaise conscience se pouvaient oser , prétendre,  pouvoir remettre les os brisés à l'aide d'un levier d'acier pour en faire se  rejoindre les deux bouts.
    La réparation des luxations simples se révélait être un moindre mal,  car le patient couché sur le ventre, attendant patiemment que l'homme de < science >, ait terminé sa java endiablée sur son dos, tout en le caressant de ses doigts de pieds en éventail, entre deux figures artistiques, s'il risquait bleus et contusions multiples, échappait aux mutilations à vie.
    Dans la surenchère de cette malhonnêteté ambiante, n'aggravant rien mais dépouillant allègrement, le fermier douloureux de ses derniers deniers, les faux rebouteux allaient parfois, jusqu'à utiliser des baguettes de sourcier en ahanant des mots latins.

    Parmi les laides brochettes de personnages avides perçait depuis peu le Rhabilleur d'estomacs.. Lequel, se devait d'être un peu équilibriste car son remède unique et universel était de faire les pieds au mur. V'oui,
    Bizarre ! Vous avez-dit, bizarre ? Tête en bas, son propre estomac se retournant remèttait aussitôt celui de son patient dans le droit chemin...
    Ces personnages se déplaçaient souvent, on le comprends, car en cas d'aggravations sérieuses du malade, ils se préféraient de beaucoup être hors d'atteinte d'un bon coup de fourche dans le cul !

    Les campagnes étaient vastes, les villages séparés par de longues distances pour qui n'avait pour moyens de locomotions, que ses petits engins de travail.
    Quelques autocars passaient certes sur les voies départementales, mais ils n'étaient empruntés qu'en cas d'urgence.
    Cet état de fait, donnait donc toutes facilités aux hordes de faux médecins pour aller sévir plus loin. Ils se regagnaient donc, leurs  roulottes en un rien de temps : celles des meilleurs escrocs tirées par de bon chevaux, celles des moins doués par une mule, voir un pauvre âne surchargé, attelé à bien trop lourd pour lui !

    Il y avait cependant de braves hommes, revenant régulièrement. Souvent même posés dans les villages et leurs environs. Pourvus de vrais dons innés, demandant peu et souvent rien, se contentant d'un poulet où de quelques légumes frais.
    La remise en place d'un membre déboîte était douloureuse et se faisait à plusieurs. Ces hommes là, connaissaient les plantes qui soulagent et guérissent les maux de tous les jours. Et certains remèdes, dit de (Grands-mères.) étaient loin d'être inefficaces..
    Ces hommes qui oeuvraient avec bon sens méritaient d'être considères comme de vrais médecins ! Certes, ils ignoraient les déclinaisons latines, mais bien des pharmaciens les consultaient également. Et de jeunes médecins tout frais émoulus de facultés,  installés dans de gros bours, ne répugnaient pas, à l'occasion de leur demander de l'aide...

     

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  •  george-sand.jpg

    Elle était celle du voyageur égaré ou non, accompagné de sa misère, souvent et seul sur les routes... Ce pouvait être, celle destinée à celui ayant marché tous le jour vers un plus loin, espéré meilleur... De même, qu'à un quelconque colporteur, marchand ambulant ou vagabond !
    Elle était en somme, pour celui qui s'en venait frapper à une lourde porte de bois, au travers de laquelle souvent, filtrait les lueurs vacillantes de lampes à pétrole posées de part et d'autre, d'une longue et solide table de ferme, autour de laquelle, se restauraient, fatigués mais contents, les membres d'une maisonnée ayant oeuvré depuis le petit jour.

    L'on y frappait jamais en vain, puisque vous ou un autre étiez attendu

     

    A part, le visage de celui venu ouvrir grande cette porte, d'une hospitalité indiscutable de même que jamais discutée, les têtes se levaient à peine, car les bouches occupées à avaler la soupe aux choux et aux haricots, parfois agrémenté d'un morceau de lard, avec un grand bruit de succion, ne prenaient pas le temps de s'étirer sur un sourire.

    Mais jamais, la place derrière l'écuelle vide qui attendait l'hôte de passage n'était ignorée.

    A peine assis, las, affamé, souvent crotté par l'humeur des temps et du chemin, la soupe était versée à ras le bord et une tranche de pain noir, coupée à la grosse miche trônant au milieu de la table, aussitôt posé à coté...
    Il n'était pas d'usage que l'on demanda quoi, que ce fut ! L'étranger, était venu se poser là, parce-qu'il avait faim, froid et cherchait un coin pour passer la nuit.

     

    On le lui offrait volontiers, dans la grange, là où se fleurait bon le foin et la paille de l'année. Parfois même, si la situation s'y prêtait l'invité de dernière minutee de la veille, se pouvait rester plusieurs jours et dans ce cas là, aider selon la saison, aux travaux quotidiens de la ferme.

     

    campagnard-2-copie-1.jpgIl se pouvait aussi, si quelques marchés ou foires se trouvaient à égayer le rude labeur quotidien, que le vieil Alphonse, qui n'attendait que cela  condition d'être convenablement abreuvé, se décide à raconter assis sur une des chaises du bistrot tenu par l'Alvina, une de ses bonnes histoires paysannes, cent fois entendues mais qui faisaient toujours autant rire, qu'il y soit convié afin de s'en repartir le coeur plus content.

    Elle se passait dans la montagne, d'un soir de brouillard à couper au couteau !  Celui, où un touriste égaré, aperçoit une petite cabane de bois fatiguée, et à laquelle, il décide de frapper pour demander de l'aide. Et c'est alors, que de l'intérieur, une voix contrariée, aboie :
    ...., Quoi, qu'est-y-qu'tu veux, à c't'heure ?


    Le touriste est étonné, car on lui a toujours vanté les hospitalité paysanne et montagnarde. Donc, inquiet de ce fait, il insiste avec l'espoir de s'adresser à une autre personne :
    ...., Votre dame, est-elle là, mon brave ? J'ai juste un renseignement à lui demander... Que merdasse ! C'est la même voix qui répond.
    ...., Ah! Non, elle est sortie,  quand ch'uis rentré !
    ...., Alors votre fils, peut-être ?
    ...., Ah! Non plus, Il est sorti quand ma Josette qu'est entrée !
    ...., Bon!, Votre fille alors
    ...., Ah! Qu'non, ma fille s'en est allée, quand mon vaurien d'autre  fils est rentré

    Énervé, le touriste s'exclame : Alors dans cette maison, vous ne vivez donc jamais ensemble ?

    --- Ah! Que si, mais dis-moi mon p'tit gars, chez-toi à la ville, au < petit coin >, vous y allez tous ensemble ?

     

    A demain mes ami(es), merci de votre fidélité et n'oubliez pas combien vos commentaires me font plaisir !

     

    krikri

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  • C'est un septembre au soleil déclinant déjà rapidement le soir, mais encore très doux, et si l'on devine le frémissement prochain d'une nature, qui attend paisiblement la froidure de l'hiver, le chemin que va parcourir Gervais, sera relativement facile !

    Pour lui, et ceux des villages alentours le moment de partir faire le travail de la " Scie ", est venu..
    Pour certains, arrivant  de plus loin, il faut marcher des semaines entières, le sac et la scie accrochés à l'épaule et la hache à la main, pour rejoindre les coupes de bois situées, dans le Haut et Bas Rhin, la Savoie, le Cantal, le Jura...
    Le Gervais est prêt, et son épouse Alvina se presse contre sa vareuse de gros drap avec leur bébé dans les bras. Il a quatre mois, et lorsque son père rentrera quelques jours avant la Saint-Jean prochaine, le petit marchera et ne le reconnaîtra pas.

    C'est un lourd tribu à payer, mais sans son salaire, la ferme de ses parents reprise par son frère ainé, ne pourrait pas faire vivre son petit monde !

    Les bûcherons vont se regrouper en chemin, et en arrivant dans le haut Jura, ils seront une vingtaine. Sur, que les femmes prient déjà pour eux, car une fois au travail, les accidents sont relativement fréquents et parfois aussi, plus grave encore.
    Dans la besace préparée par l'Alvina, se trouve peu de choses vraiment : De la nourriture, du linge de rechange, un peu de l'argent économisé sur la paie précédente et surtout, deux paires de sabots de rechange.

    Les hommes sont graves, le curé les a bénis aux différents passages et des mains se sont levées pour leur souhaiter bonne chance ! Pour plusieurs d'entre-eux, cela fait vingt ans et plus qu'ils font le métier, partent et reviennent ensemble, enfin... presque, parce-qu'il y a parfois, des douleurs que l'on doit ramener avec soi.

    cabane 3Arrivés, sur le chantier, l'amitié mêlée à l'habitude de la fraternité reprend ses droits. Les abris de fortune se construisent ensemble. D'abord, celui où l'on pose les outils et les sacs. Les planches sont vite débitées sur place, on les entremêle de branchages assez solides pour retenir de lourdes mottes de terre, afin de rendre l'ensemble bien étanche. On fera de même pour les logis des hommes :
    A l'intérieur, une table, quelques chaises apportées par l'employeur, avec un peu de chance, un poêle également, dont la fumée sortira par un trou en haut d'une cloison.

    Le combustible ne manque certes pas, mais aux automnes doux et pluvieux succèdent dans les montagnes, le froid, le gel et la neige d'hivers rigoureux. La paille où il reposeront le soir la fatigue des journées est apportées elle-aussi, par les entreprises de scieries.

    Et le travail commence par tous les temps, car chaque arrêt prolongé est une perte de salaire, puisque chaque bûcheron est payé en fonction des arbres abattus et débités.
    Le soir à la nuit tombée, la soupe de pois secs, gruaux, céréales et orties, dans laquelle on trempe des morceaux de pain de son, est la bienvenue.
    L'eau de pluie provenant des gouttières installées à cet effet, et recueillies dans des " vaches à eau " sert à tout.
     
    Le dimanche, jour de demi-repos, frais lavés et rasés, les bûcherons vont au village acheter des tourtes et du lard, et disons-le, boire aussi un verre ou deux.
    Parfois, les villages se méfiants des migrants cachent leurs filles, et ceux qui de loin auraient été heureux d'apercevoir une robe fleuries s'en retournent dans la forêt, la mine de rien et en chantant exprès très fort, leur patois.

    Cette année là, il fit si froid qu'en février la scie refusa de mordre le bois. Cette année là, il y eu jambe et bras cassé en glissant dans la neige et la boue, mais ce fut une bonne année, car aucun arbre dérouté de sa trajectoire ne tomba sur un des hommes et ne l'écrasa.
    Elle fut même si bonne que le patron content octroya une prime au moment de la paie, et que le fils de Gervais, s'il ne le reconnu pas, se jeta dans ses jambes à son arrivée, parce-qu'il est un bien charmant bambin. Et les anciens, radieux, tous là... ouvrant grand la bouche sur leur mâchoire édentée participèrent au grand sourire de joie qui éclaira la grande cuisine !

     

    A demain mes ami(es). mercide votre fidélilé et n'oubliez pas combien vos commentaires sonr encourageants.

     



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  • Elle portait son existence à bout de bras, depuis que son fiancé le Joseph, s'en était revenu de la saleté de guerre des tranchées, avec les poumons brûles par les gaz envoyés par ceux de la ligne Siegfried.

    Bien sur, ils s'étaient mariés quand même. Ce fut elle qui insista, et les frères et parents de Joseph aussi !
    Ils savaient tous, que les poilus ayant portés la tunique bleue horizon, revenaient rarement indemnes de ce grand n'importe quoi destructeur. (Quand ils en revenaient.) Et que les services que Joseph allaient rendre à la ferme se limiteraient au potager, à lia traite des quelques vaches, et à l'entretien des deux boeufs.

    Alors Maria, qui avait des doigts de fée et de la bonne volonté à revendre, s'en devint Ravaudeuse-couturière, des villages alentours, en plus du sien, Auxon-Dessus. Parfois, plus loin jusqu'à l'entrée de Vieillez, et d'Osselle, là où le monde se vivait un peu plus aisé.

    A pieds ou assise dans le vieux tacot brinquebalant, lorsque les chemins étaient détrempés ou enneigés : Son cabas de brosse toile, à la main (Son gagne-pain.) Elle s'arrêtait, là où ll y avait de l'ouvrage.
    Fallait voir, ses mains agiles redonner vie à des chiffons usés par le temps : Ceux que l'on à peine à jeter, parce-que l'on pouvait, peut-être, encore en faire quelque chose. Des heures durant, le fil glissait entre ses doigts pour réparer les accrocs, repriser les chaussettes jusqu'à se qu'elle dut rattacher les reprises les unes aux autres, ou bien  confectionner dans des toiles de chanvre ou de lin, la biaude, le jupon, le chemise et le tablier, de ceux qui avaient la bonté de l'employer pour quelques sous.

    Pour ce faire, elle s'installait dans les cours, les granges, qu'elle n'aimait pas car la clarté y était chiche, et dans les grandes cuisines où la soupe cuisait doucement dans les chaudrons de cuivre, suspendus aux crémaillères des cheminées.
    Elle le fit longtemps, pour aider aux dépenses de la ferme de ses beaux-parents, mais aussi et surtout, pour offrir à Joseph, le journal < Le petit comtois >, qu'il aimait à lire, lorsque fatigué de s'être épuisé à tousser, il s'arrêtait une heure ou deux pour se reposer de son labeur quotidien à la ferme.

    Et puis, le jour où il mourut ou se laissa mourir humilié, mais aussi désespéré de voir sa femme courir les chemins par tous les temps, pour apporter une part de son propre écot à la table familiale, Maria continua de faire son métier de Ravaudeuse : Un peu plus courbée, les yeux un peu moins vifs. Dame ! Elle se voulait croire que s'était le chagrin qui lui ternissait le regard, quand chaque soir en rentrant, elle allait déposer les fleurettes cueillies en chemin sur la modeste tombe, du modeste petit cimetière, de petit village de Auxon-Dessus. .

    Elle le voulait certes, mais elle savait bien que sa vue baissait et que ses doigts déformés par l'arthrite n'allaient bientôt plus lui  permettre de continuer...

    Alors, elle prit la place de Joseph au jardin, à la traite des vaches et au nettoyage de l'écurie.
    Et puis, avec l'argent économisé depuis dix ans qu'elle n'achetait plus le journal pour son époux, elle fit installer sur la modeste tombe du modeste cimetière du petit villade de Auxon-Dessus, une croix en marbre, la plus belle qu'elle pu trouver dans le magasin des pompes funèbres de Besançon.

    Joseph avait recu la médaille militaire, bien sur, mais cela n'avait jamais eu beaucoup d'importance pour elle. Mais comme Joseph, en était fier, elle la garda dans sa boite capitonnée de bleu, sous une pile de mouchoirs dans son armoire à linge.

    A demain, mes amis. Merci de votre intérêt pour ce blog, et n'oubliez pas combien vos commentaires sont encourageants !



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    Parfois, lorsque les métiers de la terre ne parvenaient pas à nourrir tous les fils de la maison, l'un ou l'autre, se louait dans des régions où des fermes prospères embauchaient à l'année. Considéré comme une fatalité, ça n'en était pas moins souvent un crève-coeur...


    Ceux, moins attirés par la vie de paysan, voir tout bonnement curieux d'espérer ailleurs, s'en allaient tenter leur chance à la ville. C'est ainsi que l'on pouvait croiser des hommes,  issus de la vie des campagne devenus  charretiers, égoutiers, éboueur, potiers ou chiffonniers.

    Mais il y avait aussi les moins attirants pour le citadin.... ces paysans ne parvenant pas à s'ôter le parler du pays de la bouche, ne sachant pas toujours lire correctement et encore moins écrire. Ceux dont on se moquait avec autant d'imbécillité que de cruauté.


    Alors, le Joseph, l'Antoine et l'Arsène se baissant la tête pour que l'on ne vit pas le rouge de leur front, s'en devenaient mendiant ou mégotier, se qui revenait à peu près au même, puisqu'une grande partie de leur travail se devait faire en rampant sur les genoux.
    Dame ! C'est que les précieux mégots se trouvaient souvent là, où en sortant du spectacle ou d'un bon restaurant, le bourgeois indifférent l'envoyait soit négligemment, soit par malice, sous les tables d'une terrasse, les roues d'une voiture et même les poussait du pieds sous les portes cochères posées à quelques centimètres du sol.
    Là, il se fallait servir d'un mince crochet à long manche et se relever, souvent sous des moqueries.


    Pour tout pécule, en dehors des hardes de tous les jours l'exilé, ne possédait que le bel habit régional, soigneusement emballé dans un sac de jute, logé dans une chambre misérable, louée pour quelques sous, dont l'image était  enfouie  au fond de son coeur  avec le souvenir de grandes prairies,  fleurant bon le foin fraîchement coupés !


    Les bouts de cigares représentaient une aubaine pour laquelle, on se bousculait et aurait été plus loin parfois, sans la peur d'être ramasser par un policier désoeuvré, trouvant là, son occupation du jour.
    Le soir, voyaient les Mégotiers, décortiquer, trier et tamiser leur modeste butin. Ensuite, le tabac ainsi récolté était humidifié, pétri et mélangé avec une grande minutie, puis enfoui dans les paquets usagés récoltés auprès des éboueurs, lesquels par gentillesse ou pour quelques centimes,  les laissaient se servir dans les ordures venant d'être balayées.


    Présentés du mieux possible, les paquets rafistolés étaient ensuite proposés aux classes sociales,  juste un peu moins démunies, que les petits commerçants de la débrouille : ces acheteurs là, utilisaient le produit pour priser ou chiquer.


    Au moment du décorticage, l'humiliation suprême était souvent d'avoir affaire à des mégots de cigarettes roulées à la main, jaunis et encore baveux de salive gluante.
    Alors, la gorge serrée, après s'être bien lavées les mains dans le seau d'eau puisé à la fontaine publique, on tentait de s'effacer le rouge du front en ouvrant, telle un relique, le sac qui contenait le bel habit régional... le contemplait en retenant avec peine, des larmes douces amères, puis le caressant du bout des doigts rêvait au temps, d'il n'y a pas si longtemps, combien en fait... ? L'Antoine, le Joseph et l'Arsène dansaient aux fêtes de villages avec des jolies filles en robes des dimanches et à la coiffe empesée....

     

    A demain les amis. Merci de votre fidèlité à ce blog, et n'oubliez pas combien vos commentaires sont encourageants.

    C'est article est une réedition, je l'avais publié il y a dix mois environ ! Il esttoujours très suivi dans mes archives... Et je ne vous connaissais pas tous !





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